Une demande d'exemption qui inquiète, un organisme pour sans-abri fait réagir
Crédit photo: Radio-Canada
Un débat surprenant éclate au Nouveau-Brunswick parce qu'un organisme qui loge des personnes en situation d'itinérance demande à être soustrait aux règles habituelles de location. L'organisme 12 Neighbours, bien connu pour ses minimaisons destinées aux plus vulnérables, soutient que ses logements ne devraient pas être encadrés par la loi provinciale. Cette démarche fait réagir plusieurs spécialistes du logement.
L'organisme affirme agir pour le compte du gouvernement puisqu'il gère son projet grâce à un financement provenant de programmes publics.
Il avance donc que ses mini-maisons devraient être traitées comme des installations administrées directement par l'État.
Cette position soulève toutefois plusieurs interrogations chez ceux qui suivent le dossier.
Le Bureau des relations entre locataires et propriétaires estime pour sa part que 12 Neighbours doit être assujetti à la loi comme n'importe quel gestionnaire de logements.
Selon les autorités, le fait que les unités soient financées publiquement ne change rien à la responsabilité du propriétaire envers ses locataires.
Une décision qui pourrait fragiliser les protections des locataires vulnérables
Pour les experts du logement, le coeur du problème dépasse largement ce cas précis. Une exemption créerait un précédent qui pourrait réduire les protections offertes aux locataires vivant déjà dans la précarité.
Certains craignent qu'un vide réglementaire s'installe si les organismes communautaires peuvent échapper aux règles qui encadrent habituellement le marché locatif.
Des spécialistes rappellent que la loi sert avant tout à garantir des conditions minimales, comme la sécurité, la salubrité et un processus clair en cas de conflit.
Retirer ces protections à des personnes déjà vulnérables serait, selon eux, un pas en arrière dans la défense des droits des locataires.
Dans les mini-maisons de 12 Neighbours, plusieurs résidents sont aux prises avec des enjeux sérieux liés à la consommation ou à la santé mentale.
Pour les groupes de défense, ces personnes ne devraient surtout pas perdre des recours essentiels en cas d'éviction injuste ou de hausse de loyer.
La cause devait être entendue cette semaine, mais le tribunal a repoussé la procédure.
Ce délai ajoute à l'incertitude parce que la décision pourrait influencer la manière dont seront gérés les projets communautaires partout dans la province.
Les prochains mois seront donc déterminants pour clarifier les obligations légales de ces organismes.
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